Pourquoi les collectifs de freelances sont une alternative à la concurrence offshore

Crédit photo : Nolwenn Nasri – Freelances Travel #9 • Vieux-Boucau-Les-Bains

Malt, Fiverr, Crème de la Crème, Coworkees, Codeur.com… on ne compte plus les plateformes de mise en relation entre freelances et entreprises.

L’idée est simple, la promesse séduisante :

On réunit besoins et solutions dans un même contenant, on mélange et il en ressort des projets !
Tout freelance qui débute a été vivement incité à s’inscrire sur l’une de ces plateformes pour palier à l’absence de visibilité ou encore de compétences en prospection.
Une initiative qui peut se révéler lucrative ou totalement inefficace selon l’énergie qu’on mettra à remplir et actualiser son profil, mais là n’est pas la question.

Je veux pointer du doigt les dommages collatéraux liés à l’utilisation massive de ces plateformes.

Dans un tel système, il est évident que nous nous retrouvons tous en concurrence avec des freelances de tous horizons géographiques répondant, parfois, à des réalités économiques différentes des nôtres.
Cette concurrence nous pousse souvent (surtout à nos débuts mais pas que…) à nous dévaloriser et à tirer nos prix vers le bas pour “rester compétitifs”.
Nous participons alors activement à un système qui dégrade la valeur travail en tendant toujours plus vers le low cost.
Pour faire simple, le TJM affiché sur ton profil prévaudra sur tes compétences réelles et sur ta valeur ajoutée. Impeccable !

On observe donc très logiquement un nombre toujours trop élevé de clients préférant un travail de mauvaise qualité parce qu’il est moins cher.
Sans oublier que ce sont les mêmes qui sont les plus exigeants et les plus difficiles à gérer.

Mais pas de panique ! D’après un très bon article du hors-série de Socialter “Freelance, entraide ou loi de la jungle” la situation n’est pas si catastrophique.

Dites-vous que votre objectif est d’être deuxième et c’est exactement ce qui vous arrivera dans la vie
– John Fitzgerald Kennedy.

Cocoweco - Une alternative à la concurrence Offshore. Idée de lecture : Hors série Socialter : Freelance, entraide ou loi de la jungle

Hors série N°7 Socialter – Freelance : entraide ou loi de la jungle.

-> Pour l’acheter

On peut y lire que “même si à notre époque le travail à distance peut sembler sans limite, les freelances installés hors de France – dans des pays à bas coûts – ne captent encore qu’un nombre restreint de missions”.
Il y est dit aussi que Vincent Huguet, le PDG de Malt, voit dans le “offshoring” un “épiphénomène qui ne représente qu’un faible volume d’affaire”.

De même pour Alexandre Bourlier, fondateur du collectif Happy Dev, qui après avoir craint l’impact négatif de la concurrence offshore sur son activité numérique, conclut : “On y est finalement peu confronté. La principale raison, c’est pour moi la confiance. Les freelances travaillent majoritairement avec des entreprises de la ville où ils résident, parce que cette proximité leur permet de se rencontrer, d’organiser des réunions, etc. Dans la culture française, la distance est encore une barrière importante, comme l’est la langue”.

Un dernier argument de poids : Les clients les plus dimensionnés “n’ont pas forcément la culture du prix le plus bas”. Ils cherchent même précisément à “intégrer les freelances à leurs équipes pour s’inspirer de leur mode de fonctionnement”.

L’avenir n’est donc pas si sombre et il nous appartient de ne pas jouer le jeu de cette compétition malsaine !

Ta mentalité est le point de départ !

Il faut d’abord nous sentir concernés pour faire face à ces problématiques modernes.

Cher freelance, les cartes sont dans tes mains !

Et parce que notre écosystème est en train de se structurer à grande vitesse et que les collectifs d’indépendants sont encore un phénomène nouveau en France, nous avons la chance d’appartenir à une époque où tout reste à inventer pour créer les meilleures conditions possibles du job de demain.

Alors retroussons-nous les manches !

Commençons par nous questionner sur quelques paradigmes dont nous sommes nombreux à être encore prisonniers sans le savoir.

Parmi eux : notre rapport à la concurrence.

Soyez vous-même, les autres sont déjà pris
– Oscar Wilde.

Ah ! Le système scolaire et la compétition…

Depuis le plus jeune âge, nous sommes conditionnés à nous comparer sans cesse avec autrui, à vouloir faire toujours mieux que le voisin au risque de développer un sérieux syndrôme de l’imposteur plus tard…

Je suis une fervente militante pour la suppression même du mot concurrence dans notre vocabulaire de freelance.

Nous n’avons pas de concurrent, nous avons des alliés.

En tant que freelance, tu te vends – peut-être – en ton nom, tu vends ton expérience, tes process de travail, tes valeurs, ton expertise etc. Bref, un cocktail qui donne une recette impossible à reproduire par d’autres.

Personne ne fait ce que tu fais mieux que toi, car tu es le seul à le faire.
Tu as ton histoire propre et ta personnalité et c’est autour d’elles qu’est construit ton business.

Un exemple personnel :
Nous sommes deux Graphistes à Toulouse à nous appeler Camille Moreau. Même si j’ai – au départ – craint des difficultés de référencement naturel, je me suis vite rendu compte que nous ne nous marcherions jamais dessus l’une et l’autre.
Nous avons beau être Graphistes toutes les deux, nous ne produisons pas le même travail, nous ne nous adressons pas aux mêmes clients, nous n’avons pas la même façon de communiquer sur notre activité. Bref, il y a de la place pour tout le monde !

Considérer alors ses pairs comme des alliés et non comme des concurrents nous ouvre un monde infini des possibles.

L’entraide, le partage, l’échange nous apportent mutuellement de la valeur.
C’est là-dessus qu’il faut se concentrer.

Le collectif comme meilleur outil pour s’affirmer.

La fuite de certains talents hors de France pourrait conduire à ce que des clients – jusque-là friands de proximité – finissent par aller chercher ailleurs.

Mais la France est encore pleine d’experts qualifiés.
Il nous faut évidemment commencer par là et tout miser sur nos compétences.

Le freelance est un entrepreneur qui ne doit jamais se reposer sur ses acquis. Nous nous devons de développer nos forces en permanence.
Il est nécessaire de se former régulièrement tout comme il est nécessaire de faire et d’organiser sa veille pour rester à jour dans un monde où nos métiers évoluent très rapidement.

Le collectif au sens large joue un rôle capital dans cette montée en compétences.

S’entourer d’autres freelances est la garantie d’apprendre, de performer, de remettre son business en perspective et de savoir repérer plus vite les points sur lesquels placer son énergie.

Quand je parle de collectif, je ne parle pas d’un regroupement d’apporteurs d’affaires mais bien d’une équipe de collègues bienveillants qui :

  • se tirent mutuellement vers le haut,
  • se challengent,
  • partagent leurs dernières découvertes et derniers enseignements,
  • permettent aux uns de gagner du temps grâce à l’expérience des autres,
  • se serrent les coudes sur des problématiques communes,
  • s’inspirent continuellement,
  • sortent définitivement de la solitude de l’entrepreneur…

… et la liste est longue !

L’intelligence collective est un outil formidable pour booster ton activité. Tu peux gagner énormément de temps et de ressources grâce aux autres.

Tu le sais déjà, le réseau est une composante indispensable de ton entreprise.
Il est maintenant capital de pérenniser certaines de tes relations professionnelles pour que ces bénéfices s’installent au long terme dans ton activité.

Maintenant, imagine que les meilleurs partenaires professionnels que tu aies croisés deviennent ta team de choc.

Imagine que la somme de vos compétences forme un tout bien supérieur à la force de frappe d’une agence.

Imagine que grâce au cumul de vos énergies vous soyez plus capables que jamais de défendre la légitimité de votre modèle de travail auprès des grands comptes.

Imagine que, demain, quand un client se mettra en quête des expertises nécessaires pour répondre à ses besoins il cherche naturellement en direction des collectifs de freelances.

Imagine que vous deveniez LA référence dans votre ville.

Imagine qu’en fait vous aurez accompli une chose toute simple : recréer les conditions d’une agence, sans en reproduire les inconvénients. Vous restez indépendants les uns des autres, vous avez vos propres missions, vos propres clients, vos propres process, et vous avez simplement la possibilité de travailler ensemble quand les évènements le demandent.

Pas de subordination ni de lourdeur contractuelle. La liberté de l’indépendant au service du collectif ! Ce ne serait pas un avant-goût d’une société d’avenir ?

La métaphore de l’avocat

À l’instar du “consommer local” dans l’industrie alimentaire, cette tendance pourrait devenir celle des freelances.

Si on pousse la métaphore, nous sommes souvent aujourd’hui en recherche de solutions alternatives, plus justes et plus éthiques.

  • On privilégie les petits commerces de proximité et la qualité des produits quand on le peut financièrement.
  • On prône un retour à plus d’authenticité.
  • On veut pouvoir tracer un produit pour encourager des chaînes de distribution plus équitables.
  • La qualité des produits et leur provenance deviennent une priorité.

Le culte du circuit-court chez les freelances répond aux mêmes enjeux.

Le digital et le travail à distance sont de bonnes choses, tant qu’ils n’interfèrent pas avec la qualité des prestations et la valeur du travail.

Il faut des digital nomad, mais il faut aussi des experts locaux. On peut même être les deux en alternance.
Si nous développons cette idée dans nos business respectifs, nous entretiendrons des relations privilégiées avec nos clients.

Nous pourrons nous passer de Zoom de temps en temps pour retourner à des échanges plus “humains” où l’on boit un café ou échangeons un repas avec un client, un partenaire, un prestataire ou un collègue.

L’avenir c’est ça ! On se réunit, on s’entraide, on fait des rencontres de chair et d’os.
Le digital n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour y parvenir !

Tu as un avis sur le sujet ? Quelle mission collaborative t’a le plus marqué ? S’est-elle fait 100% à distance ?

Réponds-moi en commentaire pour qu’on en discute ensemble.