La Semaine de 4 Heures de Timothy Ferriss – Un livre pour se déprogrammer

La retraite est une assurance contre le scénario du pire
– Timothy Ferriss.

“La retraite comme but ou rédemption finale […] repose sur l’hypothèse que vous n’aimez pas ce que vous faites pendant les années où vous êtes au maximum de vos capacités physiques. C’est rédhibitoire – rien ne peut justifier pareil sacrifice.”

Voici le postulat de Timothy Ferriss dans son désormais culte “La Semaine de 4 Heures” que je te recommande vivement de lire, si ce n’est pas déjà fait. Et je te conseille de le prendre pour ce qu’il est, un livre de fond mais pas de forme. Il te faudra faire le tri et apprendre à lire entre les lignes qui dispensent parfois des préceptes plus que farfelus.

Je ne proposerai donc pas une analyse objective de ce livre car c’est impossible. Chaque lecteur aura une interprétation toute personnelle de ce qui y est écrit (pour ma part, j’ai adoré la première moitié, beaucoup moins la deuxième).

Je vais simplement te donner mon analyse personnelle et te livrer un bilan rapide de ce que j’en ai retenu.

 

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Tim Ferriss : la chimère

Tim Ferriss – comme il est communément appelé – est un écrivain et entrepreneur américain pour le moins particulier. Il dirige une multinationale en mode “pilote automatique” et s’octroie le droit, le temps et le luxe de voyager où et quand il veut, pour apprendre de nouvelles langues, de nouveaux sports de combat ou de nouvelles danses de salon.

On pourrait – certains le font – le considérer comme un gourou mythomane qui nous ferait croire qu’il est possible d’avoir mille vies sans se fatiguer.
Ce n’est pas mon avis. Après lecture de ce livre, je pense qu’il nous offre des clés pour re-questionner notre rapport au travail et à la vie, pour ouvrir des portes et décider lesquelles franchir.

Maître de conférences à Princeton, champion de kickboxing, archer à cheval, activiste et chercheur en asile politique ou encore acteur de séries chinoises, Tim Ferriss a en effet tout d’une chimère. Pourtant, cet homme et son histoire son bien réels !

 

Nous sommes tous conditionnés

J’ai moi-même quitté mon job de 40 heures hebdomadaires pour me mettre à mon compte. Et depuis que je suis seul maître à bord, ce choix m’a ouvert les yeux sur quelques-unes de mes croyances bien ancrées.

Sans avoir l’ombre d’une envie de prétendre à la vie de Tim, je me sens aujourd’hui profondément libre et c’est bien de cela qu’il est question.

J’ai quitté mon job après un burn-out.
Le gap entre l’avant et l’après est vertigineux.

Aujourd’hui, quand j’observe mon entourage et que j’entends certains de mes amis me parler de leur boulot, je réalise avec beaucoup de tristesse que beaucoup se sentent embarqués définitivement dans des carrières ingrates pour de fausses raisons.
L’une d’elles : “J’ai deux enfants, je ne peux pas tout envoyer balader, c’est trop dangereux”.

FAUX ! Rien n’est plus dangereux que de se tuer à la tâche à petit feu ou de sacrifier sa vie, ses idéaux, son bonheur au nom d’une quelconque sécurité financière.

Je réponds : “Tes deux enfants seront bien plus heureux et en sécurité avec un père en bonne santé mentale et physique”.

Et qui a dit qu’on trouvait la sécurité financière dans un emploi salarié ? C’est ce que je me disais aussi avant, alors même que j’étais payée à peine plus du SMIC.

Le freelancing m’a sauvé et m’a offert une sécurité bien plus concrète. Je suis libre, mais pas que. Je suis responsable de mes succès comme de mes échecs. Je gère mon temps comme je l’entends et il m’arrive de ne simplement pas travailler parce que je préfère jouer avec mon fils de 2 ans.

Néanmoins, je me suis aperçu, au bout de 3 ans d’entrepreneuriat qu’il m’était parfois difficile d’assumer ma nouvelle gestion du temps.

Depuis que je travaille chez moi, mes journées me ressemblent. Je respecte instinctivement mon rythme naturel de créativité et de productivité.
Ma journée commence tôt le matin à 7h – là où je suis la plus productive – et connaît des fluctuations importantes jusqu’à 18h. Après le déjeuner notamment, je n’arrive pas à travailler correctement. Du coup je m’adapte et je capitalise sur les moments forts pour les tâches importantes.
J’ai aussi vite compris que j’étais capable de faire en 2 heures ce qui m’en demandait 4 avant.

Pourtant, à la fin de ma journée j’ai tendance à culpabiliser si je n’ai pas travaillé pendant 8 heures d’affilée. C’est fou !

Cela veut dire que je considère le temps de travail comme seul véritable indice de satisfaction. Ce n’est pourtant pas ça qui compte ! Ce qui compte c’est ce que j’ai accompli pendant la journée. Et si je l’ai accompli en 4 heures au lieu de 8, où est le problème ?

Le problème est que je suis conditionnée depuis toujours à être un bon petit soldat, dont la journée doit faire 8 heures ou plus pour être valable professionnellement.
Le prisme de l’acceptation sociale, le besoin de reconnaissance, l’obligation de rentrer dans le moule, appelons ça comme on veut, il n’en demeure pas moins que c’est ridicule.

Je ne dis pas qu’il faut travailler moins de 8 heures, je dis juste qu’il ne faut pas viser des journées de boulot bien remplies pour de mauvaises raisons.

 

Prendre le train en marche est une nécessité absolue

Notre société est en pleine mutation et connaît des bouleversements profonds. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Adieu le temps où l’on faisait carrière dans la même usine, à la même unité de production pendant 40 ans avant de se voir offrir une formation en pré-retraite pendant laquelle, si aucun pépin de santé ne nous rattrape d’ici-là, nous aurons plaisir à sillonner la France pour enfin découvrir, à plus de 60 ans, ces routes que nous n’avons encore jamais foulées.

Bonjour le monde où l’on change de métier, ou de ville, comme de chemise et où le projet même de retraite n’est plus qu’un énorme point d’interrogation.

Pourtant, nous avons du mal à suivre. Nous sommes encore très attachés au monde d’avant.
Même notre rapport – obsolète – au travail a la peau dure : le sacro-saint CDI, les journées de 10h, la subordination ou encore le marche ou crève sont autant d’idées que notre génération (les 30-40 ans) ont du mal à lâcher.

Il y a pourtant d’autres horizons possibles : ne plus avoir peur de mettre ses projets en œuvre, ne plus se soucier de ce qui est socialement acceptable, construire seul les conditions de son job idéal, s’affirmer au risque de déplaire ou de décevoir – voir Clara Bardou, portrait d’une entrepreneure déconditionnée.

Et le rapport avec le collectif dans tout ça ?

Contrairement à mon ancienne vie de salariée, je ne compte pas certaines heures passées avec mes collègues comme du travail a proprement parlé.

Ces ateliers où l’on parle de nos business, nos doutes, nos objectifs ou nos succès me permettent justement de sortir la tête de l’eau. J’aime avoir la possibilité de quitter mon bureau et mes projets clients de temps en temps en pleine journée pour débriefer avec eux. Alors même qu’on parlera boulot, on a davantage l’impression d’être en pause qu’au travail.

Et c’est sans compter sur les heures que j’ai passé à structurer mon projet, parfois en travaillant le week-end. De la même façon, ces heures ne rentrent pas dans les mêmes calculs.

Je pense que c’est de cela dont nous parle Tim avec ses “4 heures”. Mon avis est que cette personne est en réalité un acharné de travail qui ne considère pas tout ce qu’il fait comme du labeur. Parce qu’il se laisse la possibilité de travailler où, quand et comme il veut, sur des choses qui l’animent vraiment.

C’est ce que Cocoweco représente pour moi.
Je suis graphiste, mais je suis aussi entrepreneure. J’avais un projet qui me tenait à cœur et je me suis laissé l’opportunité de le mettre sur pied.
Aujourd’hui je suis en plein lancement, et j’alloue presque la moitié de mes journées à ce projet car c’est un plaisir avant d’être un travail.

Je termine avec un exemple. Celui de Freelances Travel, qui fera l’objet d’un article dans le prochain numéro du Mag. Il s’agit d’une semaine que j’ai passé récemment avec 7 autres freelances dans une villa magnifique. Personne ne se connaissait.
Voici le programme, je te laisse méditer là-dessus.

Mais une dernière question avant de se quitter (tu peux répondre en commentaire) :
Est-ce que toi aussi tu ressens souvent la culpabilité dans ton travail et comment l’expliques-tu ?