Les 5 erreurs à éviter quand on crée son collectif de freelances

Si faire partie d’une équipe de gens bienveillants, qui s’aident, se challengent et se partagent du business en fait rêver plus d’un, il ne faut pas oublier que rien n’est plus difficile à gérer que l’être humain. Fédérer un groupe, maintenir une dynamique collective et transformer l’expérience en résultats concrets peut s’avérer laborieux. Mais quelles sont alors les limites à ne pas franchir ?

Faire l’économie d’une charte éthique

Dans un collectif comme ailleurs, il faut un ADN. Définir une vision et des valeurs est une étape indispensable. Un collectif a beau être un groupement d’individus, tous différents les uns des autres, il doit répondre à une charte commune, à laquelle tout le monde adhère. Rien n’est plus difficile que de gérer des êtres humains, avec des sensibilités, des egos et des susceptibilités différentes. Il y aura immanquablement des sujets clivants. C’est à ce moment là qu’il fait bon se rappeler que tout le monde s’est mis d’accord au départ. Cette charte, qui a uniquement valeur d’engagement moral, permettra, le cas échéant de désamorcer d’éventuelles tensions, de recentrer les prises de décisions et les ambitions des uns et des autres.

Elle a aussi le mérite, dès le début de guider concrètement ce projet collectif et d’interroger chacun sur le pourquoi il cherche à intégrer l’équipe. Les membres de votre team doivent vous rejoindre parce qu’ils croient en vos valeurs et qu’ils cherchent à s’investir avec vous. Surtout pas pour tromper l’ennui et tester un format différent pour le fun. Adhérer à un collectif doit être une décision mûrement réfléchie et doit répondre à des objectifs précis.

Bâcler le recrutement

Les collectifs démarrent souvent à l’initiative de deux ou trois personnes qui se connaissent et veulent avancer ensemble. Mais les choses se compliquent quand on cherche à faire grandir l’équipe. Intégrer quelqu’un qu’on ne connait pas peut-être risqué, mais dans bien des cas, il faudra en passer par là.

Un collectif, tant qu’il n’est pas structuré juridiquement, n’impose aucun engagement contractuel. On pourrait donc penser, à tort, qu’il est facile de faire entrer quelqu’un, autant que de l’en faire sortir. La réalité est bien différente. Si l’on ne s’assure pas dès le début de partager les mêmes valeurs et la même vision du partage et de l’échange, alors se séparer de quelqu’un qui s’avère être nocif pour le groupe peut être un véritable parcours du combattant. Déjà parce que c’est humainement inconfortable, mais aussi parce que les conséquences de son passage (même court) au sein du groupe peut laisser des traces et par exemple, contribuer à casser la dynamique collective.

Il est primordial de bien choisir les futurs membres de son collectif. Il faut être conscient que nous n’avons souvent que nos à priori pour juger de cela. Cerner une personne, tant sur ses qualités professionnelles qu’humaines, c’est aussi se fier à son instinct. Si on ne le sent pas, il ne faut pas y aller. Et quand on est plusieurs, il faut idéalement que la nouvelle recrue fasse l’unanimité. Cette partie peut s’avérer chronophage mais elle est nécessaire. Vous perdrez bien plus que du temps si vous ne faites pas l’effort de bien mener le recrutement.

Croire qu’on peut se passer d’un leader

Dans un groupe, l’inertie est un problème majeur et il faut s’en méfier comme de la peste. Quand elle s’invite dans l’équipe, il devient très dur de la faire sortir. Pour l’éviter, une seule solution : accepter l’idée que l’un des membres endosse le rôle de leader.

Ne nous méprenons pas : leader ne veut pas dire « petit chef », il faudra donc bien choisir le porteur de cette casquette. Un leader de collectif est en fait surtout un moteur pour le groupe. C’est celui qui va impulser des évènements, des discussions ou des prises de décisions. Tout le monde n’est pas fait pour être moteur. Certains préfèrent être drivés, d’autres au contraire voudront prendre l’ascendant, et là, il y a danger ! Un collectif est et doit rester un groupement d’individus libres et indépendants.

Le bon leader se situe au milieu. Il sait s’effacer pour laisser la place aux autres, guider pour préserver une dynamique de groupe ou encore repérer les tensions et les désamorcer avant qu’elles ne s’installent. C’est parfois un rôle ingrat. Pour que le groupe se porte bien, les autres membres devront aussi accepter leur part de responsabilités individuelles, et parmi elle, veiller à ne jamais se reposer totalement sur les épaules d’une seule et même personne pour ne pas l’épuiser. Chacun peut, de temps en temps, soulager le leader en prenant des initiatives.

Sans cet équilibre de groupe, le collectif est probablement voué à l’échec.

Ne rien chercher d’autre que l’échange de business

Je le rabâche à longueur de journée : il y a mille choses à faire au sein d’un collectif avant d’y chercher un intérêt de rentabilité immédiate. Les membres du groupe sont surtout des alliés de connaissances, de compétences et d’entraide bienveillante. Si la seule motivation d’un postulant réside dans l’apport de business, le potentiel du collectif sera vite limité.

La démarche saine est celle de chercher l’échange et le partage en tout premier lieu. Il faut briser la solitude et la vacuité des réseautages creux, pour développer une team de partenaires de confiance. Grâce à elle, les situations individuelles les plus compliquées se débloqueront en un clin d’œil et plus généralement, tout le monde montera en compétences.

La suite logique est le business. Les membres s’apporteront naturellement des affaires et pourront même décider de construire une identité de marque commune pour toucher des projets plus ambitieux. Mais le vrai bénéfice d’un collectif réside bien d’avantage dans la richesse de ses relations humaines.

Ignorer un engagement moral fondamental : se rendre disponible pour les autres

Si l’idée parait évidente, dans la pratique il peut en être autrement. J’ai même déjà entendu : « Je me suis lancé dans le freelancing pour ne plus avoir de compte à rendre à personne ». Alors c’est OK, mais c’est incompatible avec le collectif. Si vous voulez appartenir à une équipe, il va falloir changer de braquet. Être libre et indépendant ne veut pas dire pour autant être seul. Et quand on veut s’entourer des autres, il faut les considérer et les respecter. Il faudra immanquablement assumer ses propres responsabilités. Disons le franchement : prendre plus que vous ne donnez fera de vous quelqu’un de nocif pour l’équipe.

C’est comme dans un sport collectif. Vous êtes au service de l’équipe et l’équipe est à votre service. Ça marche tant que c’est réciproque. Un seul mouton à trois patte peut faire perdre le match à lui tout seul.

Un exemple concret : mettre systématiquement 3 jours ou plus à répondre dans le chat commun est nuisible à la dynamique du groupe. Rendez-vous disponible et les autres vous le rendront. Si vous ne vous en sentez pas encore capable, ce n’est pas le moment de rejoindre un collectif.